La souffrance de l’incertitude

Ins Französische übersetzt von Dirk Kennis, deutsche Version folgt

Le futur des mouvements et communautés

Time-Lab Paris / Institut d’études et de recherches postmodernes

Prof. Dr. M. Hochschild, Directeur de recherches (*1)

La souffrance de l’incertitude

– Sur la réconciliation avec le futur –

Thèses (*2)

Thèse 1 : Au 20ème siècle une préoccupation principale concernait le Choc des civilisations (Clash of Civilizations, S. Huntington). Aux institutions de médiation comme les églises, les parties et les médias était demandée leur conciliation immédiate. Pas aux mouvements, ni sociaux, ni spirituels/religieux.

Thèse 2 : Au 21ème siècle, une crise du système de la société moderne se propage. Le problème n’est plus le pluralisme mais l‘absence de forme(s). La fin de la société est arrivée. (Touraine)

„Crise du système“ signifie que le système d’exploitation de la modernité ne fonctionne plus. Depuis la crise financière du 2008, nous savons que nous avons perdu, avec l’économie, le système d’orientation moderne, mais en long et en large il n’y a pas de remplacement en vue, l’art se commercialise littéralement et la politique est faite par les banques centrales.

Bref : nous souffrons d’incertitude. Exemples : La promesse moderne de la liberté est devenue désormais plus qu’on ne peut en supporter ; sans fondements elle ne peut être ni vécue, ni réalisée. Un autre exemple : Le choc des civilisations, c.-à-d. la lutte entre les cultures est devenue une lutte à l’intérieur des cultures ; elles ne sont plus des unités compactes. L’islam actuel se déchire soi-même, d’une autre façon aussi l’UE, à l’intérieur de la France sévit un „front républicain“ contre un „front national“, en Allemagne Pegida et la partie AfD prétendent de représenter l’opinion majoritaire ; à part de tous les conflits de répartition dans le monde qui menacent la paix sociale.

Thèse 3 : Pour la transformation d’une civilisation moderne à une civilisation postmoderne, ce ne sont pas les institutions de médiation qui sont demandées, mais les mouvements. La raison : ils peuvent réconcilier avec le futur.

Dans les conditions actuelles d’un manque de stabilité socio-culturelle, il ne suffit pas de chercher les causes des conflits et d’espérer les solutions de la part des institutions. Comme dans la question des flux des réfugiés, elles n’offrent pas des stratégies de réconciliation mais au maximum du gain de temps, c.-à-d. signes de perplexités et plus précisément : indigence de visions.

C’est justement pour cela qu’ils ont été crées les nouveaux mouvements sociaux et, encore plus, les nouveaux mouvements spirituels. Les visions de l’avenir sont leur signe distinctif. Les mouvements offrent non seulement des alternatives à d’autres orientations de la vie, mais ils ouvrent les horizons fermés de la modernité. Exemple : l’individu moderne. Il devient chez eux (de nouveau) une personne éthique ou religieuse, et surtout une personne sociale avec des liens et des responsabilités dans le monde concret de la vie.

Le temps des grands projets du monde comme ils ont été transmis par le libéralisme et le capitalisme est passé. Le monde est devenu trop complexe pour le décrire pour tous et partout de la même façon. Les mouvements ont anticipé la fin de ces „grandes narrations“, ils montrent : il faut commencer par les petites choses dans son propre milieu de vie immédiat, en direction des thèmes de la postmodernité comme climat, alimentation, repos, amitié et communauté.

Thèse 4 : Défis du point de vue de la recherche sur les mouvements :

    4.1) Les mouvements spirituels doivent montrer qu’ils ne sont jamais seulement des mouvements spirituels, mais qu’ils sont toujours aussi des mouvements sociaux – et qu’ils tirent un avantage de la foi pour une force de formation culturelle.

    4.2) Vivre, travailler, agir ensemble (dt. : das Miteinander) est décisif pour les mouvements. Sans une église réconciliée pas de contribution à la réconciliation globale.

    4.3) Vivre, travailler, agir ensemble ne suffira pas pour une réconciliation avec le futur ; vivre, travailler, agir ensemble pour le monde de demain est nécessaire.

Thèse 5 : Les mouvements mobilisent des forces contre une vision du monde conditionnée par un sens de crise et d’effondrement constant, que Kant a désigné avec le terme „terrorisme morale“. Donc, les mouvements sont appelés aujourd’hui à l’anti-terrorisme morale ; dit en paroles ecclésiales : à la miséricorde.    ________________

*1 Prof. Dr. M. Hochschild est expert pour les mouvements et communautés civils/laïques (parties, syndicats, …) et religieuses (compris les ordres) et chercheur au Time-Lab Paris / Bourgogne.

 

*2 Les thèses sont adaptées et traduites en français par moi-même. Ceux, qui n’en sont pas content, peuvent recevoir un texte impeccable en allemand, italien ou anglais. – Dirk

 

Litérature:

Touraine, A. : La fin des sociétés. Paris 2013

Hochschild, M. (éd.) : Die Zukunft der geistlichen Bewegungen. (Le futur des mouvements spirituels.) Sortira en mai 2016

Kant, I. : Der Streit der Fakultäten, A 135, 136

 

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